Réglementation BWM

Protéger l'environnement contre la propagation des espèces invasives...

Le transport maritime assure 80 % des échanges mondiaux de marchandises et transfère 3 à 5 milliards de tonnes d’eau de ballast par an entre les océans pendant les opérations de ballastage et de déballastage. Les eaux de ballast contiennent beaucoup d’organismes marins, larves, plancton…Quand ils s’introduisent dans un nouvel environnement, ils peuvent survivre et envahir l’éco-système de la région.  Il a été estimé que plus de 7000 espèces sont transportées chaque jour dans les ballasts et qu’environ 40 invasions récentes ont été occasionnées par ces transferts.

L’impact de ces espèces invasives peut être classé en 3 catégories principales :

  • La menace écologique sur la biodiversité et les éco-systèmes locaux,
  • Le risque sanitaire avec l’introduction d’organismes toxiques et pathogènes pouvant affecter la faune, la flore et les populations humaines,
  • L’impact économique sur la pêche, l’industrie côtière, ainsi que sur les autres activités commerciales et ressources naturelles pouvant être perturbées.

 

La convention sur le management des eaux de ballast de l'IMO
L’impact économique à court terme, ainsi que les dégâts potentiels à long terme sur l’environnement et les populations, ont conduit au développement de réglementations internationales, nationales et/ou régionales dans le but de contrôler et de diminuer le transport et le rejet des organismes aquatiques. En 2004, l’Organisation Maritime Internationnal (OMI) a adopté la Convention Internationale pour le Contrôle et la Gestion  des Eaux de Ballast et Sédiments des Navires. (c-à-d Convention BWM) qui entrera en vigueur 12 mois après la ratification par 30 états représentant 35 % du tonnage brut de la flotte mondiale des navires de commerce.

La Finland a récemment ratifié la convention sur les eaux de ballast, le 8 Septembre 2016. Ainsi elle entrera en vigeur dés le 8 Septembre 2017.

La réglementation de l'USCG
Les Etats-Unis ont adopté leur propre réglementation concernant le management des eaux de ballast.

Il n’y a pas de définition type mais on pourrait les décrire de cette façon :

« Espèces non natives qui, lorsqu’elles sont introduites accidentellement ou intentionnellement dans un nouvel environnement, peuvent affecter les espèces déjà présentes et les éco-systèmes et causer des dommages sur l’économie locale, l’environnement, la santé, et l’écologie. »

Ces « espèces étrangères » peuvent être des plantes, des animaux ou des microbes. Lorsqu'elles sont  introduites dans des zones où leurs prédateurs connus ne sont pas présents et peuvent priver les espèces déjà existantes de leurs ressources (nourriture, nutriments, lumière, espace, eau) jusqu’à être en supériorité numérique.

Les espèces invasives peuvent aussi survivre avec une faible densité de population, puis occuper les niches écologiques inaccessibles aux espèces existantes ou profiter d’une modification de l’éco-système pour proliférer.

L’Organisation Maritime Internationale (OMI) a répertorié les 10 principales espèces invasives indésirables : la puce d’eau, le crade chinois, les algues toxiques (rouges/brunes/vertes), le cholera, le gobie à tâches noires, la méduse américaine, l’étoile de mer japonaise, la moule zébrée, le wakamé (algue) et le crabe vert européen.

choleraLe Choléra (Vibrio Cholerae) : en 1991, un bateau en provenance d’Asie a importé une nouvelle espèce virulente de vibrio cholerae dans le port de Lima – Pérou, probablement via de l’eau de cale contaminée. La bactérie a infecté les fruits de mer puis s’est propagée aux humains, atteignant rapidement une dimension épidémique sur le continent, avec un million de cas de cholera et environ 10 000 morts.

 

zebra-mussel La Moule Zébrée (Dreissena polymorpha) : originaire des Mers Caspienne et Noire, cette moule est un des exemples les plus tristement célèbres d’invasion biologique. Elle cause de grands dégâts aux infrastructures côtières et asphyxie l’éco-système naturel. Entre 1989 et 2000, son impact financier aux USA a été évalué entre 750 millions USD et 1 milliard USD.

 

comb-jellyfishLa Méduse Américaine (Mnemiopsis leidyi) : ce prédateur carnivore mange toutes les formes de zooplancton, y compris les œufs de poissons et les larves. Accidentellement introduit en Mer Caspienne ainsi qu’en Mer Noire au début des années 80, la méduse américaine a causé au moins 240 millions USD de pertes annuelles pour l’industrie de la pêche en perturbant la chaîne alimentaire des poissons.

 

seastarL'Etoile de Mer Japonaise ( Asterias amurensis) : l'étoile de mer jaune et pourpre est une autre de ces créatures séduisantes qui semblent inoffensives mais peuvent avoir des conséquences désastreuses quand elles envahissent de nouveaux habitats. En provenance du Japon et du Pacifique Nord, sa densité en Tasmanie atteignait 1100 individus au m² en 1995. Vorace, elle est devenue le prédateur invertébré dominant dans cette zone.

Les impacts sur l'écologie et la biodiversité
Les espèces invasives peuvent altérer la chaîne alimentaire, remplacer des espèces existantes ou générer des espèces hybrides. Elles réduisent la diversité des plantes et des animaux, perturbent les fonctions de l’éco-système, endommagent les fonds marins et/ou la qualité de l’eau et modifient le fonctionnement hydrologique (risque d’incendie, …).

Les impacts économiques
L’impact économique des espèces invasives regroupe les pertes de revenues  liés à des baisses de production (agriculture, chasse, élevage, pêche, tourisme et loisirs) et les dépenses de gestion (assainissement et mesures de contrôle).

Les impacts sur la santé
Les animaux (oiseaux, rongeurs, insectes..) peuvent être vecteurs de maladies humaines (malaria, fièvre jaune, thyphus…). Les microbes tels que le cholera et les algues toxiques peuvent être  transportés via les eaux de ballast. De plus, certaines mesures d’assainissement (pesticides) peuvent avoir des conséquences à long terme sur la santé publique et polluer l’eau et les sols.

Les bénéfices
Les espèces non natives peuvent aussi présenter des avantages. Les huitres d’Asie par exemple sont plus résistantes et filtrent mieux les polluants de l’eau que les autres espèces d'huitres. Elles pourront donc être introduites dans un environnement pour renouveler la population d’huitres et éliminer la pollution. Certaines autres invasions offrent des avantages commerciaux (par exemple, il y a une forte demande pour le crabe chinois). Cependant, l’introduction délibérée d’une espèce doit toujours être bien évaluée, préparée et contrôlée.